La Belgique mesure depuis cinquante ans son pouvoir d’achat, son inflation et ses embouteillages. Mais ce n’est qu’aujourd’hui que nous mesurons avec précision le stress collectif du pays.
Nous savons chaque mois de combien notre panier de courses devient plus cher. Nous savons quel niveau de confiance les consommateurs accordent à l’économie. Nous savons même combien de minutes nous perdons dans les embouteillages. Mais à quel point la Belgique est-elle réellement tendue ? Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avions pas de réponse à cette question.
Aujourd’hui paraît le premier Indice National du Stress. Nous savons enfin à quelle exposition au stress nous sommes soumis en Belgique, mesurée et traduite en un chiffre actuel. L’Indice National du Stress indique le niveau de tension collective qui règne à un instant donné et mesure ce qui restait jusqu’ici immesurable : la pression sociétale sous laquelle nous vivons. Le baromètre le fait à travers plusieurs mises à jour par jour, sur la base de différents paramètres. Il s’agit d’indicateurs qui pèsent tous sur notre niveau de stress national, répartis en 5 catégories :
- Météo et air : quelle température fait-il aujourd’hui, quelle est la qualité de l’air actuelle, …
- Circulation et déplacements : embouteillages sur la route, retards de trains, prix des carburants, grèves, …
- Économie : inflation, taux d’intérêt, chiffres du chômage, nombre de licenciements, …
- Travail et famille : la pression des échéances, la logistique des vacances scolaires, …
- Actualité et événements : à quel point le flux d’actualités est négatif et l’impact des grands événements.
La Belgique sous pression accrue au début des vacances
L’Indice National du Stress ne mesure pas le stress que ressentent les Belges, mais le nombre de facteurs de stress scientifiquement reconnus présents dans leur environnement.
Tous ces facteurs sont suivis en direct et traduits en un chiffre d’indice concret. En ce moment, au début des vacances, certains facteurs sont particulièrement pertinents. Ainsi, il faut tenir compte d’une nouvelle vague de chaleur et de la tension qui l’accompagne. De plus, les jours précédant le départ en vacances sont, paradoxalement, parmi les plus chargés de l’année.
Trois facteurs de stress se démarquent durant cette période
1. Charge de travail élevée : tout terminer avant de partir
Les projets doivent être finalisés, les dossiers transmis, les échéances respectées et les boîtes mail vidées. Le temps disponible diminue, tandis que les attentes restent souvent identiques, voire augmentent.
Le baromètre de stress enregistre durant cette période un nombre remarquable de signaux indiquant une pression temporelle, une charge de travail et une pression de performance. Non pas parce que les gens ressentent nécessairement plus de stress, mais parce que les circonstances susceptibles de provoquer ce stress sont clairement présentes.
2. Tension financière : les vacances arrivent, la facture aussi
Parallèlement, la pression financière augmente. L’été est, pour de nombreuses familles, une période de dépenses supplémentaires : voyages, camps, festivals, sorties et coûts de loisirs plus élevés.
La recherche scientifique montre que l’incertitude financière fait plus que provoquer des inquiétudes. Elle exige une attention mentale constante. Les gens doivent planifier, peser le pour et le contre, remettre à plus tard et faire des choix. Cette charge cognitive continue réduit la bande passante mentale disponible pour d’autres tâches.
Le baromètre de stress enregistre plus de signaux liés à la pression des prix, à l’accessibilité financière et aux préoccupations financières que ce à quoi on pourrait s’attendre pour une période sans crise économique aiguë.
3. Récupération insuffisante : partir fatigué et revenir fatigué
Un troisième facteur est le manque de récupération. Le repos ne survient pas automatiquement à l’approche des vacances. Au contraire : lorsque la charge de travail augmente et que les soucis financiers s’accumulent, c’est souvent le sommeil qui en pâtit en premier.
Les recherches sur ce que l’on appelle la charge allostatique montrent qu’une exposition prolongée à la pression, sans récupération suffisante, peut entraîner une accumulation de charge physique et mentale. Le sommeil, la récupération et la détente ne sont donc pas un luxe, mais un élément essentiel du système de stress.
Pas trois facteurs isolés, mais une addition
Le constat le plus important n’est pas qu’un seul facteur de stress obtienne un score exceptionnellement élevé. C’est la combinaison qui se démarque. La charge de travail augmente le risque de fatigue. La fatigue rend plus sensible aux soucis financiers. Et ainsi de suite. Aujourd’hui, l’indice est extrêmement élevé ; demain, il pourrait très bien être plus élevé. Ou plus bas.
« Lors du développement de l’Indice National du Stress, nous voulions absolument éviter de nous fier à notre instinct », explique Peter Hoogland, cultural strategist. « La base devait être scientifiquement solide comme le roc. Nous pouvons désormais calculer en continu et à grande échelle des cadres comportementaux reconnus, ce qui en fait un instrument vivant plutôt qu’un simple instantané. La véritable force réside dans l’addition de toutes les valeurs ensemble. C’est précisément parce qu’elles se renforcent mutuellement que l’indice est précis et qu’il offre une orientation fiable qui a un réel impact. »
Ce projet est une initiative de la région des Hautes-Alpes en France. L’ensemble des sources de données, des cadres scientifiques et des bases méthodologiques sont accessibles au public sur www.nationalestressindex.be. La région propose son propre environnement préservé pour aider les Belges à soulager leur stress et à renouer avec la nature et avec eux-mêmes.


